Genève 2011

Au cœur des institutions à vocation mondiale

Diplomatie, action humanitaire, coopération scientifique & tourisme, culture, convivialité

Quelques heures de route, vite effacées par une pause repas qui a établi rapidement la convivialité nécessaire à un agréable voyage en groupe, suffirent pour sortir de l’Union Européenne qui comporte en son centre un trou, non pas noir, mais neutre : la Suisse et particulièrement Genève, Cité de la Paix et de l'intégration, lieu clé dans les relations internationales, dont la vie heureuse se métamorphosa sous Calvin, en un bastion de rigueur. 

 

Au majestueux jet d’eau sur fond de Mont Blanc rosé à l’heure où le soleil s’enfuit, je préfère le discret marronnier objet de toutes les attentions de l’Etat de Genève, sur lequel est observé chaque année, l’éclosion de la première feuille annonciatrice du printemps. http://www.ge.ch/grandconseil/service/accueilmarron.asp . Plus poétique que les équations que l’on peut entrevoir dans les couloirs du CERN, c’est une réminiscence d’enfance, à l’âge où l’on n’imagine pas que son corps puisse contenir  plus de 99% de vide si on l’observe à l’échelle moléculaire.

 

Pour ne pas tomber à la renverse devant ces perspectives et celles ouvertes sur le big-bang, certains ont choisi de se blottir au creux de coques aux allures futuristes. Si le circuit des particules dans le grand collisionneur de hadrons est assez comparable à deux anneaux de vitesse qui se croisent, il devient plus difficile d’imaginer la température (-271°C) de la partie active des aimants qui contrôlent  les faisceaux, la vitesse des éléments qui les composent (près de la vitesse de la lumière : 300 000kms à la seconde soit plus de 1 milliard de km/h) et la violence de leur collision. Autant d’expériences analysées par des équipes multinationales représentant près de 10000 chercheurs focalisés sur la compréhension de l’Univers. www.cern.ch

          

Au détour d’un couloir, un dessin de skieur a attiré mon attention. Simple trait d’humour, ou effet de la vitesse du neutrino qui irait plus vite

que la lumière ? Aurait-il été, lors de la montée au Salève en téléphérique, à l’origine de la sourde angoisse qui étreignit certains à l’idée peut être, de voir un pylône se présenter  face à la cabine. Fort heureusement nous échappâmes à cette hypothèse catastrophique et confortablement installés et choyés par le personnel nous eûmes le loisir de passer à table un moment agréable en dominant les entrelacs lumineux de la ville palpitant à nos pieds.

 

Parmi les nombreuses images captées à l’ONU (http://www.unog.ch)deux évoquent puissamment la distance qui sépare ses idéaux de la réalité. Non loin de la salle des Assemblées dominée par le symbole doré constitué de deux branches d'olivier sous un planisphère représentant la zone couverte par l'Organisation dans la poursuite de son principal objectif  : préserver la paix, les lambeaux du drapeau des Nations Unies récupérés après l'attentat contre le bureau des Nations Unies à Alger le 11 décembre 2007, illustrent l'absurdité des actions extrémistes qui cherchent régulièrement à contrecarrer le patient tricotage des diplomates, comme si l'humanité n'avait pas assez de se démener pour lutter contre les calamités naturelles qui ne l'épargnent guère.

 

Misère, famines, catastrophes font le lit de l'Humanité. Seuls quelques artistes et écrivains ont assez de sensibilité pour synthétiser cela. Munch avec "le Cri", pointe la solitude de l'Homme dans la nature.Graham Greene quant à lui souligne que personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance. Seuls peut-être en dehors des victimes,des volontaires comme ceux des Croix et Croissants Rouges locaux, soutenus par leur Fédération Internationale, approchent-ils de suffisamment près les situations de détresse pour s'en faire une idée plus précise. Pas même les chronographes les plus sophistiqués du Musée Patek ne sauraient  être un recours dans cette appréciation, car il ont bien d’autres fonctions.

Le rigorisme de Calvin refreina le port de joyaux mais laissa libre champ à l’horlogerie qui avait une fonction utile et usa de cette liberté pour donner un rôle luxueux de « montrance » à ses productions. Le musée expose à merveille l’éventail de créativité qui en découla. Aujourd’hui, entre 13 000 et 800 000 francs suisses pièce, les productions actuelles de Patek Philippe ont toujours d’autres objectifs que de seulement mesurer le temps.

( http://www.timelab.ch )

 

Ce voyage, plus que d’autres, a débouché sur la complexité du monde et des hommes, donnant à chacun des repères supplémentaires pour s'en rendre compte et tenter de s’y retrouver.

 

Michel Pranal

Écrire commentaire

Commentaires: 0